« Tout romancier, tout cinéaste, a au fond de lui un nombril du monde à exhiber. »
de Michel Audiard
Pauvre Michel Audiard, s'il avait été avec moi dans les allées du salon "Printemps du Livre de Montaigu", il aurait désespéré.
Désespéré par l'attentisme des auteurs. On leur donne une place, et surtout on ne la quitte pas... Les écrivains de Vendée restent entre eux, les invités se sentent quelque peu rejetés... On se croirait à un cours de mathématiques ou l'on découvre que sont deux droites parallèles. Vraiment, des occasions perdues, il y en a eues...
Comme j'ai écrit précédemment, les écrivains de Vendée sont restés entre eux, quittant rarement leurs chaises alors que pas loin d'eux des gens influents n'attendaient que leur visite, un geste, un contact. Je me demande qui s'occupe de la mise en place de ce salon, franchement, il y a tout à revoir. Les écrivains nationaux entre eux, dans des petits ilots, les vendéens entre eux dans la même disposition, c'est pas comme ça qu'on crée une vraie et grande famille d'écrivains. J'espère que le repas de gala avait été mieux organisé sinon c'est à désespérer.
Eric Naulleau, qui vient aux salons, c'est plutôt rare. Il vient en fait pour découvrir d'autres horizons. Pendant toute la semaine, il travaille avec des artistes dits "parisiens" et il a envie de voir ailleurs s'il y est. Il est très accessible et curieux de tout. Franchement, si j'avais été écrivain vendéen, je lui aurais offert mon livre dédicacé en cadeau. Il l'aurait lu et aurait dit franchement ce qu'il en aurait pensé. Qui sait que ce livre ne devienne un de ses coups de cœur découvertes. Il a été en son temps éditeur "L'Esprit des Péninsules" et il sait O combien c'est dur d'exister en tant qu'éditeur, les difficultés au quotidien des jeunes ou petites maisons d'éditions. Des fois, l'écouter seulement peut ouvrir des pistes de réflexions. J'ai apprécié de lui faire visiter le Vieux Montaigu, tout en parlant avec lui sur son travail, de ses coups de cœurs littéraires et autres. Lui aussi était curieux de savoir comment fonctionne la culture en Vendée... Les cinémas, les pièces de théâtre... Et pourtant je ne suis qu'une simple lectrice.
Ceci est un exemple... Tout comme ceux qui s'enferment sur leurs styles d'écriture. Cela ne fait pas trop ouverture d'esprit.
Tout comme les écrivains vendéens qui s'ignorent, j'ai fait la pub de Caroline Vermalle à plusieurs écrivains de Vendée... Elle vit en Vendée, Notre Dame de Monts... Elle est jeune, talentueuse, une image de marque positive et moderne de la Vendée sans rien renier. Surprise générale, personne n'avait lu un de ses livres.
Je ne parle pas du Prix Grand Ouest dont j'avais en mon temps parlé lors de mon article sur Jean Teulé. Encore une occasion perdue pour aller vers la modernité.
Et le fameux trimestriel "Lire en Vendée"? Qu'en dire on s'autocongratule, on se fait de l’œillade, "tu vois j'ai fais une belle critique de ton livre, ne l'oublie pas. J'attendrai l'ascenseur". Oui mais non, c'est pas ainsi que vous arriverez à vous ouvrir au monde si vous faites votre soupe dans un coin de Vendée et que vous vous n'en sortez pas. Toujours les mêmes sujets, les mêmes personnes. Cette consanguinité n'est pas bonne à la longue, elle use et dissolue. Elle ne favorise que la corruption, les manigances, les manœuvres en tous genres histoire d'avoir sa trombine ou une critique élogieuse de son livre.
Bruno Retailleau, Président du Conseil Général de Vendée ne cesse de clamer sur les réseaux sociaux, ses discours que la Vendée doit s'ouvrir encore plus au monde, aller de l'avant... Certes il ne faut pas oublier, mais tourner une certaine page... L'avenir peut être une belle aventure...
C'est pas avec ce que j'ai vu que je peux m'attendre à des miracles. A moins d'une prise de conscience générale... La littérature vendéenne à tout à gagner de se montrer, d'oser... Et de se mélanger aux autres littératures... Les meilleurs plateaux fromages sont ceux ou des terroirs différents sont représentés...Comme on le dirait sur twitter #SachezLe !